Pêche à la Bénoué

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C'est en lisant et relisant l'article de Julien LAJOURNADE consacré aux capitaines de la Bénoué que mon fils m'a décidé à tenter l'aventure ! Nous avons donc contacté FAGUS VOYAGES, le spécialiste du Cameroun.

Février 2005, aéroport de GAROUA : une chaleur accablante nous accueille dès l'arrivée. Chaleur qui ne nous quittera plus. François FAVARGER, l'organisateur de notre voyage, nous attend. Sa bonne humeur et son sourire nous décontractent. Nous sommes en vacances !

Adamou, le chauffeur, emmène nos bagages dans les trois 4x4 de François réservés pour notre expédition. En effet, nous emmenons tout : l'eau, les provisions, les tentes, le matériel de pêche, l'essence… En brousse, il n'y a rien. Il ne faut donc rien oublier. Un talent certain d'organisateur et une grosse dose de débrouillardise font de François le guide idéal.

Nos bagages sont d'ailleurs moins volumineux que prévu puisque mes cannes à pêche ne sont pas arrivées. Elles n'arriveront d'ailleurs jamais. Il faut dire que voyager avec la Cameroon Airlines est déjà une aventure en soit. J'emprunte donc le matériel de François.

En route, direction le mythique CAMP DU BUFFLE NOIR. Ce nom me fait rêver depuis mon enfance. La route est bonne, très peu de circulation. Les villages traversés sont plutôt propres. Les paysages sont superbes. Après un voyage sans trop de problèmes, nous arrivons enfin dans la réserve de la Bénoué. Nous ne tardons pas à apercevoir les premiers Cob de Buffon, Guib Harnachés et les innombrables babouins. Les animaux sont omniprésents. Ils le seront durant tout le séjour ; occupant notre regard lors des déplacements en brousse quand nous irons d’un point d’eau à un autre.

La piste nous mène au Camp du Buffle Noir où, à peine arrivés, nous nous précipitons sur notre matériel afin de faire le coup du soir. Nous n'allons pas loin : au Virage.

Je suis fébrile. Nous arrivons au milieu d'un décor de rêve : des collobes se balancent dans les arbres. Un couple d'aigles pêcheurs surveille la rivière et les hippopotames (omniprésents dans toutes les mares), nous accueillent par un concert du plus bel effet.

Premier lancé. Mon Shad Rap est immédiatement attaqué par un Binga. L'attaque est si brutale que j'ai failli lâcher la canne. Après un bref combat, il se décroche.

Ce soir-là, les attaques de Binga se succèderont sans que nous ne parvenions à en capturer un seul. Le binga a une gueule extrêmement dure dans laquelle les hameçons triples ont du mal à s’accrocher, d’autant plus qu’il est très méfiant et lâche tout dès qu’il sent la moindre résistance. Mais quel régal !

Les antilopes viennent boire. Les hippopotames font le spectacle et les taons profitent de notre déconcentration pour harceler nos chevilles (un bon produit anti moustiques les éloigne efficacement, à condition de ne pas oublier de s'en servir…).

Nous en sommes là de notre contemplation lorsque soudain, l'eau devant moi à 3 m, bouge et… un crocodile surgit. Il ne manquait plus que çà !

Jean Philippe qui pêchait dans les parages ne réagit pas assez vite et sa cuiller accroche l'animal sans doute sous une patte. Le démarrage est foudroyant. La canne plie… et se rompt (par charité chrétienne je tairai le nom de la marque).

La bataille fut très courte mais intense et le crocodile, visiblement à cours d'humour, retrouvera sa liberté. Nous sommes là depuis 2 heures et déjà que d'aventures. Ce sera comme cela tous les jours (les crocodiles en moins).

Sur le chemin du retour, à la tombée de la nuit, nous croisons la route de la faune camerounaise : Cobs de Buffon, Cobs Defassa, magnifiques antilopes aux poils laineux, Cobs des roseaux, Guibs harnachés au pelage roux finement rayé de blanc, céphalophes, bubales sortis tout droit des cartoons, hyppotragues majestueuses, phacochères, porc épiques. La liste est longue. Nous n’avons pas assez d’yeux pour tout regarder. Nous sommes fascinés.

Deuxième journée, départ à 5 h 30. Il fait presque frais, le lever du jour sur la savane africaine est toujours un moment magique. La lumière est douce. Les animaux sont toujours aussi nombreux. La piste a tout juste été grattée et la Nissan proteste à chaque passage de "mayo", petite rivière asséchée à cette saison qui laisse une ravine en travers de la piste. Nous devons régulièrement descendre du véhicule afin de guider François.

Au cours de notre semaine dans la réserve, nous casserons tout de même le pare brise contre une branche, le pare-chocs avant et arrière, les tôles de protection sous le 4x4, l’échappement, sans parler des innombrables crevaisons ou fuites d’essence. Le matériel souffre. Les vibrations, la chaleur et la poussière fragilisent les mécaniques les plus solides. "c'est l'Af'wique pat'won".

Tout se passe dans la bonne humeur et les fous rires sont nombreux. L’aventure est partout. Chaque minute au Cameroun révèle sa dose de surprise et de découverte. Mieux vaut être attentif.

Nous laissons le 4x4 à proximité de la rivière et nous continuons à pied. A notre arrivée, des cobs qui se désaltéraient détalent sans demander leur reste et les hippopotames nous regardent avec curiosité. Il faut faire très attention car ces animaux peuvent se montrer particulièrement dangereux, surtout le soir ou le matin, si vous vous intercalez entre eux et la rivière lorsqu’ils sortent sur la berge pour brouter l’herbe.

J'attaque au Shad Rap, peignant consciencieusement le pool. Le décor est extraordinaire. Nous pêchons au milieu de rochers, dans une eau limpide avec 4 à 5 m de fond.

L'incroyable attaque d'un Binga me tire brutalement de mes rêveries. Après d'invraisemblables cabrioles aériennes, de rushs foudroyants, il se rend. Je panique un peu… Il faut dire que je me méfie terriblement de sa mâchoire infernale. Mon fils m'aide à l'échouer. Enfin, il est au sec. Magnifique : nous le contemplons. C'est un gros. 8 kg me dit François. Je suis heureux. Je souhaitais avant tout capturer un poisson-tigre et c'est fait. Ses dents sont vraiment impressionnantes.

Nous pêchons de mare en mare, mais au fur et à mesure de l'avancée de la matinée, la fournaise devient infernale et chaque trajet nous vide littéralement. Marcher 300 mètres est une véritable épreuve qui vous dessèche. Surtout dans les cailloux ou sur le sable. Après chaque trajet, une petite pause est nécessaire pour pouvoir retrouver son souffle. Les bouteilles d’eau descendent à une vitesse folle.

Il est temps de trouver un peu d'ombre (!), et de faire une pause. Le déjeuner est rapide. La chaleur ne nous ouvre guère l'appétit, mais les ananas de François et sa viande séchée nous apportent un réconfort certain. Nous restons en apnée une partie de l'après midi, évitant chaque geste inutile. Chaque trajet en 4x4 est une délivrance. L'air, même chaud, nous réconforte un peu.

Et toujours les imprévus !

Un matin, j'attrape un capitaine de 5 ou 6 kg. Parfait pour nous 4. François le laisse dans un petit trou d'eau, n'ayant pas de glace, pour le récupérer un peu plus tard. La présence de chacals et de babouins dans le secteur me laisse sceptique sur nos chances de récupérer mon poisson… Lorsque nous revenons 1 heure plus tard, un aigle pêcheur s'est saisi du poisson et le dévore allègrement.

Un autre jour, la bande de babouins qu sévit près du campement lance une attaque en règle contre les canards qui attendaient une autre fin, paisiblement installés dans une petite cage. Mon fils et moi repoussons l'attaque des babouins qui doivent encore se demander pourquoi nous ne faisions pas la sieste ce jour-là.

Au trou "prisonnier" François attrape un magnifique capitaine de 25 kg. Belle bagarre, superbe poisson, certes loin du poisson de 52 kg qu'il a attrapé l'année précédente. Nous rêvons de beaux filets grillés, mais hélas le retour, accroché sur le toit du 4x4, lui sera fatal. Le cuisinier nous sert une bouillie de poisson tourné dont mon fils, et son estomac, feront les frais durant la nuit.

L'hébergement au Buffle Noir est très sympathique.

Les boukarous, cases traditionnelles sont bien équipées. On regrette seulement l'arrêt de la climatisation à 22 H 00 qui ne permet pas de se reposer réellement la nuit. Cette chaleur constante est la pire épreuve. Nous étions prévenus, François nous ayant dit qu’il fallait être en très bonne condition physique, mais nous avons tout de même été étonnés et surpris. Il faut dire qu’à Roissy, au moment de notre départ, il neigeait et qu’il a même fallu dégivrer les ailes de l’avion avant de pouvoir décoller. La transition fut donc énorme.

Au pied du campement, la rivière presque à sec est le lieu de promenade privilégié de toute la faune environnante. Mais attention où vous mettez les pieds : les sables mouvants d’un mètre de profondeur sont un drôle de piège dont mon fils a, une nouvelle fois, fait les frais. Je l’ai vu revenir, un midi, couvert de sable jusqu’à la taille et le visage décomposé. Il n’est plus jamais retourné se promener seul !!

Durant notre séjour dans la réserve, nous croiserons la route de girafes, d'éléphants, de buffles, mais malgré les très nombreuses traces que nous relevons chaque jour, nous n'apercevrons pas de lions. Nous nous contenterons de les entendre rugir la nuit dans la savane.

La pêche se déroule dans des décors somptueux. Chaque trajet en 4x4 nous permet de voir dans d'excellentes conditions les nombreux animaux de la région.
L'organisation mise au point par François est efficace et particulièrement adaptée à ce type de voyage. L'improvisation et une bonne dose d'humour nous font vite oublier notre quotidien habituel. Le dépaysement est total.

L'avantage principal est la totale liberté dont nous bénéficions et la très grande souplesse du système. On pêche quand on le souhaite ou on se promène dans la réserve. François s'adapte instantanément à nos désirs.

Il faut une bonne condition physique et savoir profiter de chaque moment de répit pour se reposer. La chaleur est accablante et nous met rudement à l'épreuve.

La pêche nous a ramené de nombreux capitaines ainsi que quelques poissons-tigres, terriblement bagarreurs et difficiles à prendre, sans compter les silures africains.
Nous étions venus pour la pêche bien sûr, mais aussi pour la faune et l'exotisme. Nous n'avons pas été déçus et je rêve maintenant d'y retourner dès l'année prochaine. François est devenu un ami et viendra pêcher le silure chez moi à MACON.

Je conseille à tous les amoureux de la nature, désireux de vivre quelque chose de différent, au milieu d'une nature pour l'instant préservée, de se rendre sur le site de François FAVARGER www.fagusvoyages.ch ou www.fagusvoyages.eu ou encore de le contacter par mail : fagusvoyages@bluewin.ch

13 juin 2005

 

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